SESSION 01

9h-12h

Les outils de production de l'auteur à l’ère numérique

Présidente de séance: Claire Legendre

Il y a encore vingt ans, la fonction auctoriale était singulièrement attachée au dispositif éditorial et à l’objet livre, sur la couverture duquel trône traditionnellement le nom de l’auteur. En proposant à l’écrivain de nouveaux outils d’écriture et de publication, les nouvelles technologies ont définitivement affecté les modes de production et de présentation historiques de l’auteur. Désormais, l’accès au contenu littéraire dépend d’abord de l’ensemble des dispositifs d’éditorialisation – en d’autres termes, de tout ce qui entoure ce contenu : les plateformes avec leur ergonomie et leur graphisme, les liens, les métadonnées qui permettent le référencement et l’indexation, etc. Ainsi, on se demandera : quels sont les enjeux conceptuels et pratiques de ces nouveaux outils, et comment redessinent-ils la figure de l’auteur ? Comment la multiplication des pratiques d’écritures collaboratives modifie-t-elle notre imaginaire de la figure auctoriale ?

 

SESSION 02

14h-17h

L’Autopublication et ses nouvelles formes de validation

Président de séance: Bertrand Gervais

L’idée moderne d’auteur est née au début du XVIIIe siècle pour des raisons essentiellement économiques : il fallait alors inventer un modèle adapté à l’édition papier naissante. Par la suite, elle est peu à peu devenue cette fonction garantissant la fiabilité et la validité d’un texte. Or ce modèle d’abord économique puis culturel hérité de la tradition éditoriale est radicalement mis en question à l’heure où l’auteur a la possibilité de s’auto-publier et donc de s’auto-cautionner. Ce panel cernera l’impact du numérique sur le processus de circulation et de validation des contenus littéraires : quels dispositifs de validation sont aujourd’hui à disposition des écrivains ? À quels nouveaux modèles de lecture les écrits en ligne donnent-ils lieu ? Quel rôle échoit d’ailleurs aux communautés de lecteurs désormais structurées et organisées en ligne ?

SESSION 03

9h-12h45

Les problématiques identitaires de l'auteur sur le web.

Présidente de séance: Sophie Marcotte

En s’exposant sur son blogue et en éditant son profil sur les réseaux sociaux, l’écrivain façonne sa propre figure auctoriale tout en développant des formes inédites de récits de soi. En d’autres termes, nous dirons que désormais l’auteur s’éditorialise : il se sert des outils numériques et des connotations qui leur sont associées afin de se produire en tant qu’auteur. Tel qu’elle se construit en ligne, l’identité australe est donc dynamique (jamais définitivement achevée), hétérodéterminée (par les lecteurs notamment), et performative. On se demandera alors : comment se négocie le rapport intimité / extimité, ou invisibilité / visibilité de l’auteur sur le web ? Alors que se brouille la frontière entre les différentes instances (personne, écrivain, auteur), la fonction australe joue-t-elle encore une fonction de seuil ?

SESSION 04

14h00-16h45

Poétique de l'auctorialité en ligne

Président de séance: Jean-Marc Larrue

Si la figure auctoriale se construit d’abord sur des sites d’auteurs ou sur des blogues consacrés à la publication littéraire, elle investit aussi des espaces réputés laisser peu de place à l’expression littéraire, qui font pourtant preuve d’un potentiel poétique insoupçonné. C’est le cas en particulier des plateformes impliquants des usagers très formatés : Facebook ou Twitter. Ces outils et ces plateformes numériques sont aujourd’hui détournés par des écrivains pour raconter une histoire ou façonner un personnage autofictif, accueillant ainsi de nouvelles formes narratives. A partir de quelques études de cas, ce panel entend démontrer la poéticité de ces stratégies ludiques d’écriture qui jouent un rôle essentiel dans la construction de la fonction australe sur le web.